détecteur de mensongeDepuis l'aube de la civilisation, l'humanité a tenté de distinguer la vérité du mensonge chez les individus soupçonnés d'avoir commis des actes répréhensibles. Quoique diverses techniques innovatrices soient apparues au fil des siècles, plusieurs étaient simplement ridicules et même cruelles. Malgré leur primitivisme, chaque technique était fondée sur l'hypothèse que, lorsque confrontée avec certains stimuli, des réactions physiologiques se produiraient, pourraient être observés et finalement attribuées soit à la véracité, soit à un mensonge.

En 1878, pour la première fois la science est venue en aide à la quête de la vérité au cours des recherches du physiologiste italien Angelo Mosso. À cette époque, Mosso a utilisé un instrument appelé un pléthysmographe dans sa recherche sur l'émotion et la peur chez les suspects subissant un interrogatoire. Il étudia les effets de ces variables sur leurs activités cardiovasculaire et respiratoire, plus particulièrement comment celles-ci changeaient sous l'effet de certains stimuli.

Avant la fin du XIXe siècle, aucun appareil de mesure pour la détection du mensonge n'avait encore été utilisé. Ce n'est qu'en 1895 que l'instrument scientifique sera pour la première fois utilisé dans le but de mesurer les réponses physiologiques.

Le médecin, psychiatre et criminologue italien, Cesare Lombroso, a modifié un instrument existant appelé un hydrosphygmographe dans le but de mesurer les changements physiologiques, notamment la pression sanguine et le pouls d'un suspect lorsque interrogé par la police. Cet instrument est similaire au cardiosphygmographe que l'on utilise aujourd'hui. Quoiqu'il n'ait pas inventé l'hydrosphygmographe, Cesare Lombroso fut reconnu comme étant la première personne à l'avoir utilisé pour déterminer l'honnêteté d'un suspect dans un contexte criminel.

En 1914, le psychologue italien Vittorio Benussi a découvert une méthode pour calculer le quotient du temps d'inhalation et d'exhalation comme moyen de détecter le mensonge. Avec l'utilisation d'un pneumographe — un appareil servant à enregistrer les cycles respiratoires— Benussi conclut donc qu'une personne non véridique montrait certains signes perceptibles au niveau du système respiratoire.

En 1915, le docteur William Marston, un avocat et psychologue américain, est crédité de l'invention du test de la pression artérielle systolique discontinuée, qui deviendra par la suite l'ancêtre d'une composante du polygraphe moderne – le sphygmomanomètre. Cette technique utilisait un brassard de tensiomètre standard et un stéthoscope pour prendre une lecture intermittente de la pression artérielle systolique d'un sujet lors d'un interrogatoire dans le but de détecter le mensonge.

polygraphe quebec

instrument polygraphiqueEn 1921, John A. Larson, un psychologue canadien employé par le Service de Police de Berkeley en Californie, a construit ce que beaucoup considèrent être le premier instrument polygraphique moderne lorsqu'il a associé l'élément de la fréquence respiratoire à celui de la pression sanguine. Il a nommé son instrument le « polygraphe », ayant la capacité de lire plusieurs réponses psychologiques simultanément et de documenter ces réponses sur un tambour rotatif. Utilisant son polygraphe, John A. Larson fut la première personne à mesurer le rythme cardiaque, la pression sanguine et les variantes respiratoires d'une personne lors d'un interrogatoire policier. Son instrument fut amplement utilisé, et avec beaucoup de succès, lors d'enquêtes criminelles.

En 1925, Leonarde Keeler, qui avait acquis de l'expérience en tant que collègue de John A. Larson, profita des travaux de Sir Mackenzie pour créer un instrument polygraphique à encre, ce qui permit d'avoir un instrument beaucoup plus convivial et pratique.

In 1938, Leonarde Keeler a de nouveau amélioré l'instrument lorsqu'il a ajouté une troisième composante de mesure physiologique — le psycho-galvanomètre. Cette composante mesurait le changement de résistance électrique de la peau, signalant ainsi la naissance du polygraphe tel que nous le connaissons aujourd'hui.

polygraphe canada

technique polygraphiqueEntre 1945 et 1947, John E. Reid, un avocat de Chicago, Illinois, a développé une technique polygraphique qui incorporait des questions de contrôle (comparaison) suscitant ainsi une vive réaction chez la personne sincère et moins chez celle non sincère. Le « Reid Control Question Technique » s'est révélé comme une percée majeure dans la méthodologie polygraphique. De plus, John E. Reid fut le premier polygraphiste ayant utilisé un capteur de mouvement sur ses sujets.

En 1948, Leonarde Keeler a fondé la première école de polygraphie — le Keeler Polygraph Institute — à Chicago, Illinois.

En 1958, Cleve Backster, ex-polygraphiste à la CIA, a introduit un système de quantification des tracés polygraphiques, rendant l'évaluation de ceux-ci plus objective et fiable qu'auparavant. Ce système d'évaluation numérique des données physiologiques a été adopté puis standardisé dans le domaine de la polygraphie.

polygraphie quebec

examen polygraphieAu cours des années 1980, plusieurs recherches furent effectuées sur la polygraphie informatisée à l'Université de l'Utah par les docteurs John C. Kircher et David C. Raskin. En 1988, ces derniers ont développé le premier algorithme à être utilisé pour l'évaluation de données physiologiques obtenues. En 1992, la polygraphie fut officiellement lancée dans l'ère informatique.

En 2003, le Département de l'Énergie des États-Unis a commandé une étude sur les preuves scientifiques du polygraphe auprès du National Academy of Sciences. Pour ce faire, un comité a passé au peigne fin les preuves existantes dans la littérature de la recherche polygraphique, mais n'a pas effectué de nouvelles recherches car, ainsi que le rapporte le comité, les conditions réelles sont difficiles — voire impossibles — à reproduire lors d'une simulation de crime.

Le comité du National Academy of Sciences a conclu que, bien qu'il existe des techniques alternatives, aucune ne peut surclasser le polygraphe ni être en mesure de le supplanter dans un avenir rapproché.

Bénéficiant de plus d'un siècle de recherches et de développements, l'examen polygraphique demeure le moyen le plus efficace pour vérifier la vérité et détecter le mensonge.

Copyright © 2011 Polygraphia. Tous droits réservés. Sitemap. Création site Web Québec : www.juliecoutu.com

Service d'examen polygraphique - Région de Québec

Expert en polygraphie, le Sergent Michel Côté polygraphiste d'expérience dans les domaines policiers et militaires